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Noël dans un refuge

Je viens de passer mon premier Noël dans un refuge.

J'espère que ce sera mon dernier, mais au rythme où vont les choses je n'en suis pas certain. J'ai du chemin à faire avant de me remettre sur la bonne voie. Je pense que c'est maintenant que je dois commencer. Je n'ai pas fait grand-chose au cours des deux derniers mois. J'avoue franchement que j'aime mieux en faire le moins possible. J'avais besoin d'une pause.

La vie au refuge a été plutôt routinière jusqu'à maintenant. Je me lève tous les matins et je prends un petit déjeuner. Après ça, je sors jusqu'au milieu de la journée parce que les responsables du refuge ne veulent pas qu'on traîne là toute la journée. J'ai l'impression qu'ils nous forcent à sortir pour qu'on fasse quelque chose de productif. J'ai l'habitude d'aller lire dans une librairie ou d'aller prendre une marche au bord du lac. Je reviens en après-midi pour le lunch et pour faire des petites tâches domestiques comme laver la vaisselle, laver le plancher, etc. En soirée, je lis habituellement et il m'arrive de jaser avec d'autres résidents du refuge. Après le souper on prend notre douche et on va se coucher. La même routine recommence le lendemain. C'est assez confortable pour quelque chose qui ne coûte rien, mais je n'ai évidemment pas l'intention de continuer à vivre de cette façon jusqu'à la fin de mes jours.

Je veux être indépendant. Je veux avoir ma propre chambre et je ne suis pas intéressé à partager ma vie avec des étrangers, pas toujours rassurants et rencontrés au hasard. Je veux avoir un peu d'argent. Je veux avoir confiance en moi et retrouver ma fierté. Il n'y a pas de honte à être un sans-abri, mais ceux qui le sont ont définitivement honte de l'être. Ce n'est pas face aux autres sans-abri qu'ils ont honte, c'est devant le « le monde extérieur ». Ce n'est pas plaisant de se faire demander où on habite par un étranger ou un ami qui n'est pas un sans-abri. Habituellement, les gens mentent ou répondent vaguement. Je veux aussi revoir mes anciens amis, les amis que j'ai abandonnés parce que je ne voulais pas risquer de les perdre à cause de ma situation de sans-abri.

C'est dans quelques semaines que je vais déménager dans un autre refuge situé plus près du centre-ville. Une fois rendu là, je vais me prendre en main. C'est du moins mon plan dans l'immédiat.

 
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